Luc Mortier, accompagnateur en montagne et photographe est aussi correspondant du Réseau National "Loup - Lynx". Dernièrement, il tenait conférence pour expliquer le rôle de ce réseau et le faire connaitre. Sensibiliser les visiteurs sur ce sujet controversé du retour des loups sur le territoire national et les informer de l'existence du réseau permet de contribuer à une meilleure connaissance de l'évolution de la population.
Luc explique que le loup (d'origine Italienne) est un animal très discret : Il est actif essentiellement au crépuscule et à l'aube. Les observations directes sont donc rares. On connait sa présence essentiellement par les indices laissés sur place (crottes, poils, restes d'attaques ...). Pour valider une présence, une analyse génétique des indices est réalisé, la principale erreur étant de confondre ces indices avec ceux de chiens errants.
Lorsqu'on recueille des indices suffisants dans une zone, celle ci devient ZPT (Zone de Présence Temporaire). Lorsque ces indices sont à nouveau avérés l'année suivante, la ZPT devient ZPP (Zone de Protection Permanente). Avoir des observateurs qualifiés sur zone pour vérifier les observations ou recueillir les traces matériels pour analyse et validation est donc la mission première de ces correspondants.
Luc explique qu'on dénombre une bonne vingtaine de ZPP sur le territoire national. La plus grosse densité de population se trouve dans le Mercantour (région par ou sont entrés nos loups d'origine Italienne). L'animal s'est ensuite répandu dans la plupart des zones alpines frontalières. Certains se sont retrouvés en Vercors (à partir de 1996) : un couple (visiblement stérile) se trouve sur la ZPP des Hauts Plateaux, et une meute de 3 à 4 individus dans la ZPP Vercors Ouest (forêt de Lente). Une troisième ZPP de 2-3 individus est avérée en Diois (limite sud du Vercors).
La prédation des loups est analysée avec beaucoup de soin (notamment en analysant les excréments). Suivant les ZPP, le régime alimentaire est variable. Dans le Vercors, le chamois constitue 80 % de son régime. Les moutons représentent 8 à 10 % du total (à relativiser car les troupeaux ne sont présents qu'une partie de l'année).
Lorsqu'une attaque de troupeau est constatée et avérée, l'éleveur est indemnisé (parfois au bénéfice du doute). En moyenne, une attaque de troupeau concerne 3 proies (valeur très statistique).
Dans certaine ZPP la prédation sur les troupeaux est nettement plus inquiétante : le régime alimentaire constaté sur les loups du Mercantour (là ou la population est la plus importante) est de l'ordre de 40 à 50 % !!! On comprend la colère de certains éleveurs.